Le poème du jour : " L'homme qui aimait les bouddhas, " de ... Rotpier

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L'homme qui aimait les bouddhas,
Il collectionnait les bouddhas
La passion lui était venue
En déambulant dans les rues
De Bombay et de Calcutta.
Il connu Mère Theresa
Lors d'une rencontre incongrue
Elle se baignait quasi nue
Dans le Gange sur le delta !
Avec le Dalaï-lama
Il eu une brève entrevue
Alors qu'il le portait aux nues
Autant que Serge à l'Alhambra !
Mais les Chinois ne l'aimaient pas
Leurs relations étaient tendues
Pékin n'aimant pas les verrues
Pris le Tibet et l'annexa !
Mais revenons-en aux bouddhas
Entouré de plein de statues
Plus ou moins grandes mais ventrues
Notre homme à la fin médita.
Tant et si bien qu'il arriva
Par concentration soutenue
Et une route décousue
À atteindre le nirvâna.
Continuation :
Il mourut en paix et heureux
Tout en laissant à sa famille
Ses bouddhas et ses espadrilles
Héritage volumineux !
Ses héritiers superstitieux
Quatre garçons et quatre filles
Conservèrent les espadrilles
Mais pas les bouddhas adipeux !
Pour vendre les mille bouddhas
Ils firent une vente aux enchères
Qui fut de mémoire - peuchère ! -
La plus grande foire aux bouddhas !
Une foire aux petits oignons
Car venus de la terre entière
Les collectionneurs s'arrachèrent
Les bouddhas à coup de pognon !
Il ne resta que les petits
Les ébréchés les tartignoles
Que l'on assemble et qu'on recolle
Destinés aux gagne-petit.
Ceux-là manquant un peu de goût
Les passèrent à la peinture
Ce qui était presque une injure
Mais on s'en fout épicétout !
Bouddhas noirs ou bien bouddhas blancs
Boudiou qu’est-ce que ça peut faire
On s'en tape les hémisphères
Et l'Équateur en même temps !
Un très riche martiniquais
En ramena un aux Antilles
Qui conquit toute la famille
Vive le bouddha antillais !
Mais caramba de caramba
J'allais rater les minuscules
Montés en colliers denticules :
De vrais chapelets de bouddhas !
Il y a bouddhas et bouddhas
Tous n'ont pas la même origine
Mais comme disait ma frangine :
On ne va pas en faire un plat !
Je vous laisse mes bons amis
Je m'en vais méditer sur l'heure
Quelque part dans un coin de l'Eure
Le nirvâna est à ce prix !
Et si par bonheur je l'atteins
Je partirai l'âme sereine
Je n'entendrai plus les sirènes
Des dieux et des diables du coin !
Ils perdent leurs parts de marché
Les grands dogmes monothéistes
Ils comptent moult absentéistes
Leurs rangs sont plus que clairsemés !
Quand je passerai au trépas
Je lèguerai une statue
Parfaitement entretenue
À ma commune et puis voilà !
Pas de bouddha je n'en ai plus
Mais j'en ai une magnifique
Un zébu venu droit d’Afrique
A mettre à l'entrée de Bézu !
Le Rotpier



















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