Le poème un peu d'anticipation du jour : " La trouée, " de ... Pierre
Nota :
C'est un poème pas très habituel. Mais bon, il faut s'essayer à tout n'est-ce pas ?
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Préambule :
C’était en 2054,
le 15 janvier pour être précis.
La trouée,
Il faisait sombre ce jour là.
Sombre, très sombre même.
Un brouillard visqueux, collant, gluant
enveloppait tout : le décor et les gens.
On ne voyait que des ombres
qui se déplaçaient lentement, très lentement.
On se serait cru à Londres
dans le fog, en bordure de Tamise
mais là, pas de Big Ben, juste la Seine
quelque part en contrebas.
Ce n’était pas la première fois que cela arrivait
mais là, c’était, de mémoire d’homme, le summum !
Des sectaires niaient encore
les effets du dérèglement climatique.
Parmi eux, des quasi psychopathes
niaient le réchauffement lui-même !
Tous les fous n’avaient toujours pas de fil à la patte !
Loin de là, bien loin de là !
Au milieu d’un silence angoissant,
l’espace d’un instant,
mon regard accrocha quelque chose,
un point lumineux presque invisible.
Cela ne dura qu’une fraction de seconde
puis, plus rien … et à nouveau il fut là.
Mon œil, le droit, le prit pour cible.
Il grossissait lentement, très lentement,
c’était à peine perceptible
pourtant il s’élargissait, c’était indéniable.
Puis, ce fut comme une trouée
oui, une trouée, c’est le nom le plus approprié.
Déjà plusieurs mains la pointaient du doigt.
Un long murmure s’éleva,
pas encore une clameur jusqu’à ce que,
juste en son milieu, jaillisse un rayon de soleil.
Il était bien là l’astre disparu,
derrière, tout simplement derrière.
Un illuminé, pas par le rayon, se jeta à genoux
et s’écria : « Ô miracle ! »
Il y eu peu d’écho pour reprendre le mot,
les temps n’étaient plus aux tabernacles,
pour l’église c’était la grande débâcle,
elle avait traversé trop de scandales
et elle avait chuté à la verticale
cul par-dessus tête et le clergé aussi.
Terminé, plié, balayé :
l’apocalypse méritée.
A défaut de miracle,
c’était le vent qui faisait son travail,
on peut toujours compter sur le vent.
Il balayait maintenant avec vigueur
les nappes de brouillard
qui s’étaient accumulées là, on ne savait pourquoi.
Il y aurait des explications.
Des explications, il y en a toujours
mais elles viennent plus tard,
parfois trop tard.
Elles sont plus ou moins bonnes,
plus ou moins scientifiques,
assez souvent hasardeuses
voir totalement fantaisistes !
C’est de préférence, ces dernières
qui allaient être relayées sur les réseaux sociaux.
Pour l’instant, et par petits groupes,
les gens discutaient, les banalités pleuvaient.
Bientôt, la routine reprenant,
chacun retournerait à son écran
dans un grand élan de compulsion maladive.
Y échapperaient quelques vieux, très peu,
des épargnés de cette pandémie
de l’écran à tout prix.
Il en restait encore,
peut-être leurs organismes avaient-ils
fabriqué des anticorps ?
Pierre Dupuis