Le poème du jour : "Noyade" de ...Pierre
C’est un poème assez ancien, publié en 2009 et que j’avais un peu oublié. Il faut dire que j’en ai écrit aux alentours de 800 ou 900 ! J’ai eu, il y a quelques jours, un commentaire sur le billet de la part d’une internaute-poète qui le trouvait superbe … à vous de confirmer ou d’infirmer ! Si vous me dites qu’il n’est pas si bon que cela … je n’irais pas ne noyer pour autant ! Mais, connaissant votre courtoisie je sais que vous me mentirez si vous ne le trouvez pas terrible !
Pierre
" Un interne épanchement
qui aurait résisté au trocart.
Une glu de cafard. "
image du net
Noyade,
il pleuvassait.
Une bruine collante,
une bruine traversante.
A l’image du temps
son cœur était trempé.
Il eut suffi de le sortir,
de l’extraire
et de le presser pour voir :
un véritable déversoir,
une éponge à désespoir.
Trop de larmes,
trop de larmes en trop peu de temps.
Des yeux pas assez grands
pour tout évacuer.
Un goulot d’étranglement
et, fatalement,
il y avait engorgement.
Une sorte d’hémorragie interne
… une hémorragie de larmes
… une hémorragie d’amour.
Un amour qui avait rendu les armes.
Tout n’était plus que crachin et brouillard.
Il était trempé
… en dehors, en dedans.
Un interne épanchement
qui aurait résisté au trocart.
Une glu de cafard.
Dos voûté,
il se liquéfiait,
il se dissolvait.
Pierre Dupuis
